Les années 1970 - 1980
Erreur administrative ... déjà...
En 1971, pour que le championnat conserve quelqu’intérêt, il fallut que le Standard fût déclaré forfait à l’Antwerp, en raison d’une erreur administrative : il avait inscrit trois étrangers au lieu de deux sur la feuille d’arbitre. Roger Petit grince, caustique : « Cette erreur laissa planer un peu de suspens sur l’exercice. Sans cela, nous étions champions dès le premier tour ».
Roger Petit n’hésitait jamais non plus à libérer des bons joueurs quand ceux-ci recelaient de la valeur. Les départs de Sztany et de Crossan avaient apporté au Standard un gain de dix millions qu’épongea partiellement l’arrivée de Van Moer.
Les années 70 s’annoncèrent plus médiocres. Le Standard fut écarté de l’Europe quelques saisons. Vlatko Markovic fut promptement évincé par Roger Petit qui organisa un mini-championnat, primes spéciales à l’appui, pour remettre de l’ordre en sa maison, avant l’arrivée de Cor Van der Hart. Sous sa férule, le Standard réalisa un 12/16, marqua 18 buts pour n’en encaisser que 3. Le Hollandais prônait un style Viril, dénué de consignes, un football total. Il clamait : « Un professionnel qui ne reçoit pas un avertissement en une saison ne mérite pas son statut ».
Les « gamins » inquiétaient le monde du football ; retrouveraient-ils leur place dans la hiérarchie ? Roger Petit rétorqua aux anxieux : « Un professionnel doit être capable de livrer deux matches par semaine. Sa condition physique dépend essentiellement de lui-même ».
Le secrétaire général est un visionnaire. Il prospecte les petits clubs de la région, à la recherche de jeunes pousses prometteuses. Hélas, lorsqu’un club déteint un jeune doué, il peut le conserver. Roger Petit s’affaire, à l’Union Belge, pour modifier la législation : il libéralise les mutations de joueurs, obtient la reconnaissance de la liberté du travail et une protection sociale pour les jeunes professionnels. Il balaie aisément l’opposition du Gantois Hoste, le président de la Ligue.
Le Standard était constitué en coopérative, sa section football en ASBL. Sa structure était identique à celle d’une usine. Elle faisait vivre une centaine de familles. Les recettes des matches ne couvraient déjà plus que partiellement les frais inhérents à la gestion d’un club professionnel. A titre d’exemple, en 1970, le budget du Standard était ainsi calculé.
Recettes :
Abonnements et matches ; 10 millions ; Coupe de Belgique : de 500.000 à 2 millions.
Coupe d’Europe : de 500.000 francs à 9 millions (grâce à la demi-finale contre le Bayern qui rapporta 3.366.400 F).
Publicité, télévision : 1.500.000 F.
Fédération : de 400 à 800.000 F.
Cotisations : 1 million.
Dépenses :
Salaires : de 8 à 10 millions.
Administration : 1 million.
Organisation des matches : de 1.500.000 à 3.000.000 F.
Entretien du stade : de 1.500.000 à 2.000.000 F.
Transferts : jusqu’à 2 millions.
Subsides aux autres sports : 1 million.
Les joueurs étaient rémunérés selon la catégorie à laquelle ils émargeaient : les candidats recevaient 2500F., les internationaux 10.000F., plus les primes de match. Une demi-finale de Coupe d’Europe valait 100.000 F.
La capacité du stade avait été portée à 38.000 places dont 9.000 assises.
La Suite >>